Histoire et patrimoine

A la découverte de Barry d'islemade

L’histoire de Barry d’Islemade plonge ses racines dans un passé lointain, où l’origine même de son nom conserve une part de mystère. 
En langue d’oc, Barry désigne un quartier excentré appartenant à une agglomération d’importance. Islemade, attesté dès le XIIᵉ siècle sous la forme Insula Amata, évoque quant à lui ces îlots que le Tarn dessine en aval de son confluent avec l’Aveyron, à trois kilomètres au nord du bourg actuel. On peut ainsi imaginer un village établi sur la rive gauche du Tarn, dont le Barry aurait constitué un quartier, disparu soit lors des invasions du Ve siècle, soit à la suite d’une crue dévastatrice du Tarn et de l’Aveyron. 
Ventilhac trouve pour sa part son origine dans une villa galloromaine appartenant à un certain Ventilius. Situé à l’est du ruisseau de Payrol, le domaine devint successivement possession des Templiers puis des Hospitaliers de Saint‐Jean de Jérusalem qui entre autre implantèrent la vigne sur nos territoires. La commune actuelle de Barry d’Islemade naît en 1834 de la fusion de deux entités créées en l’an III : Ventilhac et Le Barry. 
Autour du bourg, les terres fertiles composent une mosaïque typique de la plaine du Tarn. La moitié du territoire communal, située en zone alluvionnaire, demeure vouée à l’agriculture : vergers, vignes, cultures maraîchères, céréales. Les paysages, façonnés par des générations d’agriculteurs, mêlent cultures céréalières, vergers, réseaux d’irrigation et vignes. Rigoles, fossés et anciens tracés hydrauliques rappellent le rôle essentiel de l’eau dans la construction du territoire.
Barry d’Islemade se découvre au fil de ses chemins, de son eau et de ses paysages, et laisse à chacun le plaisir d’en apprécier la tranquillité.

L’histoire de l’église Sainte‑Madeleine remonte à la possession médiévale de Ventilhac, autrefois dépendante du commandeur de La‑Ville‑Dieu. Vers 1150, les Templiers y auraient édifié une première église, dans le cadre du défrichement et de la mise en valeur des terres de l’ancienne forêt d’Agre. En tant que seigneurs temporels, ils exerçaient alors le droit de patronage sur la paroisse.

Les guerres de Religion bouleversent profondément la région, proche du bastion protestant de Montauban. Les protestants s’emparent de Ventilhac et détruisent l’église primitive. Une nouvelle église est ensuite construite dans l’actuel cimetière, mais les matériaux pauvres utilisés entraînent rapidement sa dégradation. À la demande de l’évêque, une troisième église est bâtie en 1763, à environ 300 mètres de l’emplacement originel.

Cette reconstruction se fait sans consulter l’Ordre de Malte, alors détenteur du patronage de la cure. Pour affirmer son autorité, l’Ordre impose que le nouvel édifice lui soit entièrement dédié. Le vitrail circulaire de la façade occidentale porte encore aujourd’hui ses armes : une croix rouge à huit pointes sur fond blanc.

En 1835, la commune de Ventilhac est intégrée à celle de Barry d’Islemade, et l’église Sainte‑Madeleine devient l’église du village.

Architecture et décor

L’église Sainte‑Madeleine est un édifice modeste, construit en brique et partiellement recouvert d’enduit. Son toit est couvert de tuiles creuses. La façade occidentale, percée d’un portail en plein cintre, est surmontée d’un clocher carré coiffé d’une flèche polygonale.

À l’intérieur, une nef lambrissée mène à un chœur à chevet pentagonal, marqué à sa naissance par un pilier quadrangulaire. Les murs présentent une peinture polychrome, restaurée à plusieurs reprises. L’élément le plus remarquable du mobilier est un bénitier en marbre rouge “à godrons” du XVIIIᵉ siècle, reconnaissable à ses moulures creuses caractéristiques.

Restaurations

Du XIXᵉ siècle à nos jours, l’église a bénéficié de nombreuses restaurations structurelles et artistiques grâce aux paroissiens et aux municipalités. En 2002, l’ensemble des peintures intérieures est restauré par Valérie Fauré, peintre décoratrice également intervenue dans les églises de Boudou, Saint‑Paul‑d’Espis et Lizac. En 2013, la toiture du clocher est entièrement rénovée. Enfin en 2026, la façade avant a été refaite laissant apparaitre les briquettes. 

Informations pratiques

Un panneau historique informatif est présent sur le site. 
Accès libre
Adresse : Route de Tissougneres, 82290 Barry d’Islemade.

Le Temple protestant de Barry d’Islemade est un édifice singulier, reconnaissable à sa forme ronde, rare dans l’architecture religieuse protestante française. Il s’élève au cœur du village, en brique rouge, et témoigne de plus de deux siècles d’histoire locale.

L’église protestante de Barry d’Islemade est fondée en 1803, après avoir longtemps dépendu du consistoire de Montauban. Un premier temple, construit en terre peu après la Révolution, sert de lieu de culte jusqu’au milieu du XIXᵉ siècle, mais son état de dégradation rend une reconstruction indispensable. En 1857, l’architecte Olivier Théodore est chargé de concevoir un nouvel édifice. Le projet initial, jugé trop coûteux par le ministère, est revu à la baisse : le budget passe de 18 630 à 12 630 francs, complété par une aide de l’État de 7 000 francs. Le terrain est offert par Jean Lacaze, en échange des matériaux de l’ancien temple. Les travaux, confiés à l’entreprise Boyé, s’achèvent en 1860.

Le temple adopte un plan centré circulaire, avec une abside semi‑circulaire et une façade sobre où s’inscrit « Temple protestant ». À l’intérieur, une grande tribune en bois, à la fois vernaculaire et élégante, domine l’espace. Une salle d’école biblique, accolée au chevet, est utilisée pendant plusieurs décennies avant de devenir presbytère. En 1935, un clocheton est ajouté grâce au financement de Madame Henri Courtois de Maleville, apportant une touche verticale à l’édifice.

Architecture et décor

Par son architecture atypique, son histoire et son rôle dans la vie protestante locale, le temple est reconnu comme un élément majeur du patrimoine communal. Il est inscrit aux Monuments historiques depuis le 20 mai 2015, ce qui garantit sa protection et la reconnaissance de son intérêt culturel.

Un panneau historique est présent sur le site pour accompagner les visiteurs. Le temple se visite toute l’année, uniquement sur rendez‑vous, soit auprès de la mairie, soit directement auprès de Madame Techer Joliez.